Le taux de césarienne varie considérablement au sein de l’Union européenne, allant de près de 15% en Islande à plus de 50% à Chypre, selon une nouvelle étude issue du projet Euro-Peristat, auquel collaborent 26Etats membres. Des écarts qui soulèvent des questions quant aux pratiques médicales, aux recommandations et à leur suivi, d’autant que la tendance est à la hausse, en particulier dans les pays d’Europe centrale et de l’Est. La France, avec un taux global de césarienne de 21%, se situe dans la fourchette basse.
Il existe une grande variation du taux de pratique de la césarienne en Europe.
Une césarienne pour qui, pourquoi ?La décision de réaliser une
césarienne repose normalement sur des critères médicaux associés à la santé des futures mères et de leur bébé. Généralement, elle intervient lorsqu’il y a impossibilité d’un accouchement par voie basse, c’est à dire par les voies naturelles :
- en cas de disproportion entre le bassin et la taille de l’enfant : un bébé trop gros ou un bassin maternel trop étroit ;
- si le bébé se présente en mauvaise position (présentation du front ou transversale, voire dans certains cas présentation du
siège entraînant trop de complications) ;
- face à une
menace d’accouchement prématuré, le bébé souffrirait d’un accouchement par les voies naturelles ;
- si le col reste insuffisamment dilaté malgré l’augmentation des contractions et l’emploi de médicaments dilatateurs ;
- si la mère présente un
fibrome, un
kyste ovarien ou un
placenta praevia (placenta interdisant le passage du fœtus par voie basse).
La césarienne est également pratiquée lorsque l’accouchement ne doit pas être effectué par les voies naturelles, ou lorsque la grossesse doit être interrompue avant terme, pour des raisons de sécurité pour l’enfant ou la mère :
- en cas d’hémorragie maternelle ;
- en cas de souffrance fœtale trop importante ;
- lors de naissance multiple : plus de deux enfants ;
- si la mère est malade ;
- en cas d’incompatibilité de rhésus ;
- si la mère, trop fatiguée ou présentant des affections cardiovasculaires importantes, n’est plus à même de mener l’accouchement à son terme, et si la poursuite du travail représente un danger pour la vie de l’enfant.
Même si des interrogations subsistent quant à l’intérêt de la césarienne en cas de siège, de grossesse multiple ou d’utérus cicatriciel, les primipares (femmes qui accouchent pour la première fois), les femmes qui ont déjà eu une césarienne, qui attendent des jumeaux ou dont le bébé se présente en siège sont plus susceptibles de subir une césarienne. Pour autant, au vu des taux de recours à cette intervention dans certains pays, il semblerait que ces critères ne soient pas les seuls sur lesquels s’appuient les gynécologues-obstétriciens pour préférer la césarienne.Progression continue du recours à la césarienne dans la majorité des pays d’EuropeL’étude menée à partir des données collectées auprès des 26 pays participant au projet Euro-Peristat, publiée dans la revue British Journal of Obstetrics and Gyneacology, montre une progression continue entre 2004 et 2010 du recours à la césarienne dans la majorité des pays. Surtout, elle fait état de disparités considérables entre les pays.Taux de césarienne sur l’ensemble des naissances en 2010
Ainsi, quand moins de la moitié des naissances multiples sont réalisées par césarienne en Norvège, Islande, Finlande et aux Pays-Bas, ce taux s’envole à 90 % à Malte et Chypre. La France se situe au 7ème rang des pays classés par ordre croissant des taux de césarienne pour les femmes ayant des grossesses multiples.La présentation du bébé en siège constitue, semble-t-il, pour certains pays une raison largement suffisante pour pratiquer une césarienne : ainsi en est-il de la République tchèque, l’Allemagne, l’Italie, Chypre, Luxembourg, Malte, l’Ecosse, l’Islande et la Suisse, qui y ont recours dans plus de 90 % des cas quand la Norvège et la Finlande – encore – procèdent à un
accouchement par voie basse dans plus de ¾ des cas. La France se positionne plutôt bien, arrivant au 2ème rang.Les césariennes programmées sont monnaie courante à Chypre (38,8 %) et concernent une naissance sur 4 en Italie. A l’opposé, la Finlande, la Norvège (tous deux 6,6 %) et les Pays-Bas (7,7 %) privilégient très largement les accouchements par voie basse.En Roumanie, un tiers des accouchements se soldent par une césarienne en urgence, contre 8,6 % en Suède et 9,7 % en France.Pour les auteurs de l’étude, surpris devant de telles disparités, “les différences observées soulèvent des questions sur pourquoi il y a de telles variations dans la pratique clinique. Cela signifie que nous devons revoir nos recommandations de pratique clinique et conduire des études afin de s’assurer que les pratiques médicales sont fondées sur les preuves fournies par les données scientifiques, et donner la priorité à la santé des mères et des enfants“.Ils souhaitent désormais comparer les politiques et recommandations de chaque pays en matière d’accouchement, et s’assurer que les pratiques reposent sur des preuves scientifiques solides.Amélie PelletierSource :
European Perinatal Health Report, p.77-83, 9 mars 2015.Click Here: Fjallraven Kanken Art Spring Landscape Backpacks