A l’occasion de la sortie en salles de leur nouveau long métrage, “Souvenirs de Marnie”, nous avons eu la chance de pouvoir nous rendre chez Ghibli. Exposition, musée et studio d’animation, retour en images sur une journée d’exception…
1. Le musée Ghibli, vu de l'extérieur
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© Museo d'Arte Ghibli
Le soleil se lève sur Tokyo, et ses rayons viennent déjà frapper la façade d’un bâtiment des plus curieux. Recouvert de lierre et de plantes grimpantes, le musée Ghibli semble sortir de terre comme un champignon. Son allure étrange commémore un principe presque sacré pour Miyazaki : la communion entre nature et architecture. Béante comme la gueule d’une créature imaginaire, la porte d’entrée du musée nous invite à pénétrer dans un monde fantastique : celui de l’animation.
Un morceau de pellicule en guise de ticket d’entrée, et la visite peut commencer !
Des membres du personnel d’entretien s’affairent encore un peu partout : le musée n’ouvrira ses portes au public que dans un peu plus d’une heure. Un temps bien court, semble-t-il, pour explorer toutes les merveilles qui s’offrent à nous.
Chez Ghibli, pas de vitrines ni de cordons à ne surtout pas franchir !
Chez Ghibli, pas de vitrines ni de cordons à ne surtout pas franchir ! L’œuvre d’art se trouve partout autour de nous : à nos pieds, au plafond, aux fenêtres dont les vitraux prennent tour à tour la forme de la princesse Mononoké, de la sorcière Yubaba ou de l’indéfectible Totoro… Bref, on est littéralement propulsé à l’intérieur d’un film de Miyazaki, à tel point que les enfants pourront aller jusqu’à jouer à l’intérieur d’un chat-bus grandeur nature (impossible d’y accéder passé l’âge de 12 ans, terrible frustration…).
Mais avant de s’aventurer dans les entrailles du musée, direction la salle de projection où l’on découvrira l’un des courts métrages inédits de Miyazaki, exclusivement réservés aux visiteurs du Ghibli Museum. Les sièges sont un peu étroits – à hauteur d’enfant – mais le coup de pinceau unique du maître de l’animation japonaise nous aide bien vite à penser à autre chose.
Après sa retraite, Miyazaki doit encore travailler 10 ans au musée. Il prépare actuellement la première exposition temporaire.
Le court métrage se termine et la visite se poursuit dans une salle dédiée à l’art de l’animation : praxinoscopes, vieux dessins animés projetés aux murs, jouets d’optiques en tous genres, avec en tête le célèbre zootrope aux couleurs de Totoro, qui a d’ailleurs inspiré celui que Pixar a conçu pour Toy Story.
Puis viennent les salles dédiées aux recherches de Miyazaki : des milliers de croquis accrochés aux murs, entre des livres, des maquettes et une multitude d’objets insoupçonnés : une fois n’est pas coutume, on peut toucher à tout !
Après le chat-bus, l’impressionnante statue du robot que l’on peut voir dans Le Château dans le ciel et les expositions temporaires, la visite se termine. Quelques minutes pour flâner entre les rayons de la boutique, et il faut déjà partir. Prochaine étape : le studio !
A quelques kilomètres du musée, notre bus s’arrête devant un petit bâtiment percé de larges fenêtres. Un immeuble tout à fait lambda, que n’importe quel badaud mal informé pourrait facilement prendre pour le service administratif d’une entreprise, une agence immobilière ou la partie annexe d’une université. Un seul détail, cependant, trahit la discrétion du studio Ghibli : cette petite plaque métallique, cachée dans les buissons.
Et puis, à l’intérieur, des gens, des bureaux, des objets… Tous chargés de 30 années d’histoire et d’animation. Une décoration sobre, comme l’architecture du bâtiment. Plus que des trophées ou des banderoles, ce sont des souvenirs qui semblent accueillir les rares visiteurs du studio Ghibli.
Ce sont des souvenirs qui semblent accueillir les rares visiteurs du studio Ghibli
Quelque chose de nostalgique plane dans les couloirs. Et pour cause… Il y a quelques mois seulement, une annonce officielle de Toshio Suzuki, le co-fondateur du studio, avait mis le monde en émoi : un arrêt temporaire dans la production de longs métrages pour Ghibli, qui faisait suite au départ à la retraite d’Hayao Miyazaki. De quoi s’inquiéter pour le futur du studio, qui poursuivra en tout cas la production de courts métrages et de programmes télévisuels.
Comme c’est également sur place que nous devions rencontrer l’équipe de Souvenirs de Marnie, nous avons tenté d’en savoir plus. Malheureusement, impossible d’obtenir le moindre indice sur la question de la part de nos interlocuteurs : il faudra laisser les années à venir répondre à leur place.
Découvrez notre interview complète de l’équipe du film…
"Souvenirs de Marnie" : le nouveau film des studios Ghibli
Et Miyazaki, dans tout ça ? Peut-on s’attendre à le croiser au détour d’un couloir ? “Si vous avez de la chance,” nous explique une employée du studio. Retiré dans son sanctuaire privé, où il peut travailler en paix à quelques dizaines de mètres du studio, le vieux maître parait surveiller son œuvre d’en haut et assurer la pérennité de son héritage tout en regardant évoluer la nouvelle génération.
Peut-on s’attendre à croiser Miyazaki au détour d’un couloir ? “Si vous avez de la chance”
Le dernier ouvrage de cette génération, en espérant une suite au cours des prochaines années, c’est le long métrage Souvenirs de Marnie, qui arrive dans nos salles cette semaine. Une magnifique histoire dont l’évocatrice thématique principale – le passage de relai – semble résonner en écho entre les murs du studio.
NB : L’entrée au Musée Ghibli se fait uniquement sur réservation, et par l’achat d’un ticket spécifiant la date de la visite.
Découvrez la bande annonce de “Souvenirs de Marnie”, le dernier long métrage en date du studio…
Souvenirs de Marnie Bande-annonce VF