{"id":4402,"date":"2020-03-15T15:06:59","date_gmt":"2020-03-15T15:06:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sportsnewsforyou.com\/?p=4402"},"modified":"2020-03-15T15:06:59","modified_gmt":"2020-03-15T15:06:59","slug":"qui-es-tu-tahar-rahim","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/googmn.com\/?p=4402","title":{"rendered":"Qui es-tu Tahar Rahim?"},"content":{"rendered":"<p>Heureux Proph\u00e8te. Sacr\u00e9 sur La Croisette et en route pour l&#8217;Oscar, le film de Jacques Audiard a triomph\u00e9 aux C\u00e9sar. Tahar Rahim, son personnage principal, est sur un nuage. Portrait<\/p>\n<p><strong>\u00abVous avez d\u00e9j\u00e0 vu un Beur fondu?\u00bb, voil\u00e0 comment Tahar Rahim, abasourdi, fou de joie, s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 aux journalistes r\u00e9unis dans la salle de presse du Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet.<\/strong><\/p>\n<p>Avec 13 nominations, le pr\u00e9sage \u00e9tait bon. Mais Un Proph\u00e8te, un opus-choc sign\u00e9 Jacques Audiard, a \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement consacr\u00e9 samedi soir. Ce drame carc\u00e9ral a \u00e9t\u00e9 le grand vainqueur de la 35e c\u00e9r\u00e9monie des C\u00e9sars, avec neuf troph\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Oracle aussi modeste que touchant, son interpr\u00e8te Tahar Rahim, 28 ans, a r\u00e9ussi un doubl\u00e9 historique en d\u00e9crochant le titre de Meilleur Acteur et celui du Meilleur Espoir Masculin.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00abFier\u00bb, \u00abheureux\u00bb, mais aussi d\u00e9concert\u00e9 par une telle reconnaissance des gens du m\u00e9tier alors qu\u2019il affrontait des figures confirm\u00e9es du 7e Art comme <\/strong><\/p>\n<p><strong>, <\/strong><\/p>\n<p><strong> et <\/strong><\/p>\n<p><strong>, le com\u00e9dien s\u2019en est remis \u00e0 son mentor.<\/strong> \u00abJe ne te remercierai jamais assez, Jacques, de m&#8217;avoir invit\u00e9 \u00e0 bord, de m&#8217;avoir mis en premi\u00e8re classe. Ces deux ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 tes c\u00f4t\u00e9s resteront \u00e0 jamais grav\u00e9es l\u00e0, donc merci!\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, \u00e9mu.<\/p>\n<p>Ce film noir, haletant, d&#8217;une facture quasi-documentaire, le suit sous les traits de Malik El Djebena. Matricule 35114T.<\/p>\n<p>Illettr\u00e9, sans famille, ce truand est une page vierge sur laquelle vont s&#8217;inscrire les codes brutaux de la captivit\u00e9. En deux heures et demie, cette petite frappe pactise avec le diable, devient le larbin d&#8217;un parrain corse, un \u00abproph\u00e8te\u00bb, un fascinant ca\u00efd qui capte l&#8217;attention.<\/p>\n<p><strong>Inconnu il y a encore peu, Tahar Rahim a enflamm\u00e9 la critique en r\u00e9alisant cette performance sur le fil du rasoir.<\/strong> Avant son interpr\u00e9tation dans ce polar \u00e2pre et amoral, il avait \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 par Audiard <strong>dans la s\u00e9rie La Commune<\/strong>, diffus\u00e9e sur Canal+ fin 2007.<\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e par Abdel Raouf Dafri, \u00e9galement sc\u00e9nariste d&#8217;Un Proph\u00e8te, La Commune narre la vie de \u00abla banlieue qui d\u00e9tient tous les records en mati\u00e8re de ch\u00f4mage, trafic de stup\u00e9fiants et criminalit\u00e9\u00bb. <strong>Minot au regard persan, Rahim y est stup\u00e9fiant en d\u00e9linquant \u00e0 la brutalit\u00e9 m\u00e2tin\u00e9e d&#8217;innocence.<\/strong><\/p>\n<p>\u00abJacques est venu \u00e0 une projection des trois premiers \u00e9pisodes, on s&#8217;est parl\u00e9 juste apr\u00e8s\u00bb, a racont\u00e9 le discret Tahar Rahim au dernier Festival de Cannes o\u00f9 il avait fr\u00f4l\u00e9 le prix d&#8217;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>\u00abLes essais ont dur\u00e9 trois mois, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s long, tr\u00e8s \u00e9prouvant. Il fallait que je sois capable de le mettre en confiance, et lui il s&#8217;est \u00e9clat\u00e9 \u00e0 mettre les doigts dans la mati\u00e8re, \u00e0 chercher\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abJacques arrive toujours \u00e0 ce qu&#8217;il veut, et plus encore. Une fois il m&#8217;a fait faire une trentaine de prises de la m\u00eame sc\u00e8ne, je suis devenu fou mais on n&#8217;avait pas le truc\u2026 et au final on l&#8217;a eu\u00bb.<\/p>\n<p><strong>N\u00e9 un 4 juillet\u2026 1981, \u00e0 Belfort<\/strong><\/p>\n<p><strong>Beau gosse, sympa, d\u2019un abord d\u00e9concertant de facilit\u00e9, Tahar est un mod\u00e8le de jovialit\u00e9. Un sourire ind\u00e9fectible aux l\u00e8vres, une gr\u00e2ce juv\u00e9nile, il l\u00e2che des mots de verlan, se dandine comme pour s\u2019excuser d\u2019\u00eatre parvenu aussi vite au sommet. Mais savoure chaque instant son bonheur d\u2019\u00eatre l\u00e0, lui qui a fr\u00e9quent\u00e9 avec fr\u00e9n\u00e9sie les salles obscures, pour r\u00eaver sa vie sur grand \u00e9cran.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dernier d\u2019une fratrie de dix, le gamin a grandi dans le quartier des R\u00e9sidences \u00e0 Belfort au sein d&#8217;une famille modeste originaire de la r\u00e9gion d&#8217;Oran en Alg\u00e9rie.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Acteur n\u00e9, il refusera toujours l\u2019\u00e9tiquette du \u00abrebeu qui a ram\u00e9 pour sortir de sa cit\u00e9\u00bb. De m\u00eame, il ne s\u2019\u00e9panchera pas sur l\u2019absence de son p\u00e8re, pr\u00e9f\u00e9rant louer les \u00e9paules solides de ses fr\u00e8res et le courage de sa m\u00e8re \u00abqui lui a appris \u00e0 marcher droit\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Mais en Franche-Comt\u00e9, son quotidien est \u00e9triqu\u00e9. Comme il le confesse \u00e0 Lib\u00e9, fin ao\u00fbt, il \u00e9touffait: \u00abJe me sentais enferm\u00e9. A 19 heures, tout s\u2019arr\u00eate, le dernier bus passe \u00e0 19 h 45. Cela r\u00e9sume tout\u00bb. Vers 14\u201315 ans, il se r\u00e9fugie au cin\u00e9ma, avale tout ce qu\u2019Hollywood d\u00e9verse. \u00abBien install\u00e9 dans mon fauteuil, j\u2019\u00e9tais dans une semi-hypnose. J\u2019adorais Johnny Depp ou Brad Pitt, leur allure, leur classe, leur charme. Ensuite, je m\u2019int\u00e9ressais \u00e0 l\u2019histoire\u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le bac, il \u00abperd deux ans en fac de sport et de maths-informatique\u00bb. Changement de cap en 2002, quand Tahar, qui se voit acteur depuis l&#8217;adolescence, s&#8217;inscrit en Cin\u00e9ma \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry de Montpellier.<\/p>\n<p>Sa licence en poche, son sac sur le dos, il \u00abmonte\u00bb \u00e0 Paris. Prend des cours de com\u00e9die, squatte une chambre de bonne, remplit son frigo au Secours catholique, court les castings le jour, et bosse dans une bo\u00eete de nuit pour payer son loyer.<\/p>\n<p>Artiste en herbe, il joue dans un \u00abdocu-fiction\u00bb inspir\u00e9 de sa propre vie: Tahar l&#8217;Etudiant r\u00e9alis\u00e9 par Cyril Mennegun, diffus\u00e9 sur France 5.<\/p>\n<p><strong>Aujourd\u2019hui le jeune h\u00e9ros s\u2019imagine tourner avec <\/strong><strong>Patrice Ch\u00e9reau<\/strong><strong>, Gaspard No\u00e9 et pourquoi pas, <\/strong><strong>Quentin Tarantino<\/strong><strong>.<\/strong> Avec Jacques Audiard et Niels Arestrup comme \u00abparrains\u00bb, tout est possible\u2026<\/p>\n<p><em>J.B<\/em><\/p>\n<p><em>Lundi 1er mars 2010<\/em><\/p>\n<p>Retrouvez notre dossier sp\u00e9cial C\u00e9sar 2010<\/p>\n<p>Click Here: <a href='https:\/\/www.rwcstore.com\/maori-all-blacks.html' title='Maori All Blacks Store'>Maori All Blacks Store<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Heureux Proph\u00e8te. 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