{"id":3996,"date":"2020-02-20T15:14:06","date_gmt":"2020-02-20T15:14:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.sportsnewsforyou.com\/?p=3996"},"modified":"2020-02-20T15:14:06","modified_gmt":"2020-02-20T15:14:06","slug":"faithfull-et-jagger-une-liaison-presque-fatale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/googmn.com\/?p=3996","title":{"rendered":"Faithfull et Jagger, une liaison presque fatale"},"content":{"rendered":"<p><strong>Elle fut son premier grand amour, il lui a presque tout appris, y compris la souffrance extr\u00eame. <\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019ils se rencontrent,<strong> en 1965 \u00e0 Chelsea<\/strong> dans une soir\u00e9e chic et pop, Marianne Faithfull <strong>a dix huit ans<\/strong>. D\u00e9j\u00e0 mari\u00e9e \u00e0 un galeriste cam\u00e9 et m\u00e8re d\u2019un petit Nicholas, elle n\u2019est pas folle de Jagger. Lui, en revanche, tombe raide dingue de cette longue silhouette blonde, capeline noire et seins XXL, v\u00eatue d\u2019une chemise d\u2019homme ouverte jusqu\u2019au nombril. <strong>Elle a deux tubes derri\u00e8re elle et une enfance tourment\u00e9e<\/strong>. Marianne est la fille unique d\u2019un <strong>loufoque professeur de philo<\/strong> (Glynn Faithfull) et d\u2019une <strong>baronne autrichienne<\/strong> qui descend en droite ligne de L\u00e9opold von Sacher-Masoch (l\u2019auteur de <em>La V\u00e9nus \u00e0 la fourrure<\/em>). Cerise sur le strudel : sa maman Mitteleuropa, aristo fantasque et d\u00e9class\u00e9e, se pr\u00e9nomme Eva, comme Eva Jagger, la m\u00e8re de Mick ! Il v\u00e9n\u00e8re cette lady d\u00e9senchant\u00e9e, sans savoir qu\u2019elle lui pr\u00e9f\u00e8re Keith Richards, son t\u00e9n\u00e9breux <em>Glimmer twin<\/em>. Elle c\u00e8de pourtant, un soir, \u00e0 <strong>Bristol<\/strong>, apr\u00e8s une balade romantique sous la pluie. Lorsque Mick a d\u00e9lac\u00e9 ses bottines, Marianne a cru qu\u2019elle avait un page du Quattrocento \u00e0 ses pieds. Cette touchante premi\u00e8re nuit d\u2019amour, Jagger la transfigurera dans un standard dynamite intitul\u00e9 : <em>Let&#8217;s Spend the Night Together<\/em>.<\/p>\n<p>Leur <strong>love story<\/strong> se d\u00e9roule donc sur fond de swinging London. Des <strong>tops en minijupes Mary Quant ou Ossie Clark<\/strong>, collants acidul\u00e9s et cuissardes de vinyle noires, assi\u00e8gent les concerts des Stones. Le photographe David Bailey sort avec Jean Shrimpton, alias \u00ab la crevette \u00bb, et sa s\u0153ur, Chrissie, une <strong>baby doll \u00e0 frange brune<\/strong> et faux-cils charbonneux, vit alors avec Mick Jagger. Anita Pallenberg orne son cou de boas multicolores qu\u2019elle et son fianc\u00e9, Brian Jones, portent sur des spencers paillet\u00e9s. On est \u00ab hype \u00bb, on est cool, on est \u00ab bi \u00bb, et les d\u00e9lirantes <strong>fringues chin\u00e9es \u00e0 Carnaby Street<\/strong> sont unisexes. Au breakfast, aval\u00e9 vers quatre heures de l\u2019apr\u00e8s-midi, on sirote un caf\u00e9 noir \u00e0 la m\u00e9th\u00e9drine liquide. L\u2019h\u00e9ro\u00efne est alors en vente libre dans les pharmacies londoniennes.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, <strong>Mick est le demi-Dieu de sa g\u00e9n\u00e9ration<\/strong>. Riche, jeune, hypertalentueux, misogyne, iconique, il dirige son groupe \u00e0 la cravache, prend le th\u00e9 avec la princesse Margaret, s\u2019appr\u00eate \u00e0 d\u00e9tr\u00f4ner Bob Dylan et les Beatles. Pour Marianne, il \u00e9jecte un jour Chrissie Shrimpton. Bilan : <strong>tentative de suicide et d\u00e9pression nerveuse<\/strong>. Faithfull ne se doute pas que le calvaire de cette \u00ab ex \u00bb pr\u00e9figure le sien, comme celui de toutes les femmes \u2013 de Bianca \u00e0 Jerry en passant par la cr\u00e9atrice L\u2019Wren Scott qui vient de se donner la mort \u2013 qui croiseront la route de Jagger. Lui ignore qu\u2019elle s\u2019est d\u00e9j\u00e0 offert Keith, une nuit au <em>Mayfair Hotel<\/em>. Au fond, Jagger est <strong>un tyran, mi-ange mi-d\u00e9mon,<\/strong> tout entier occup\u00e9 \u00e0 la fabrication de son propre mythe. Et l\u2019aristocrate Marianne, mix de nymphe pr\u00e9rapha\u00e9lite et de Brigitte Bardot dop\u00e9e au Mandrax, sert son image. Le reste l\u2019indiff\u00e8re.<\/p>\n<p>Six ans durant, Lucifer et sa groupie d\u00e9jant\u00e9e vont d\u00e9frayer la chronique. Acte fondateur : <strong>le proc\u00e8s de Redlands<\/strong> en juin 1967. Mick et Keith comparaissent au tribunal pour possession de drogue. Dans la maison de Keith, dans le Sussex, la police trouve sept jeunes hommes planant au LSD et une seule femme nue : Marianne. Uniquement v\u00eatue d\u2019une peau de b\u00eate en vison, elle laisse tomber sa parure sur l\u2019escalier et, telle V\u00e9nus, leur d\u00e9clare : \u00ab Voyez, je n\u2019ai rien \u00e0 cacher \u00bb, tandis que Keith, hilare, envoie <em>Everybody Must Get Stoned<\/em> sur le pick-up, histoire d\u2019ambiancer la s\u00e9ance. Le lendemain, <strong>les tablo\u00efds<\/strong> expliquent que Mick a \u00e9t\u00e9 surpris en train de consommer une barre chocolat\u00e9e Mars plac\u00e9e entre les cuisses de Marianne. Sex, drug and Rock\u2019n Roll : la l\u00e9gende des Stones doit beaucoup \u00e0 cette affaire, dont ils sortirent blanchis in fine.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s, c\u2019est l\u2019<strong>amour fou version hippie chic<\/strong>. Ils mangent, lisent, picolent, dorment, se dopent dans le lit-paquebot de l\u2019appartement londonien de Mick. Au programme : William Blake, Rimbaud, des pr\u00e9cis de magie noire, d\u2019occultisme et des mystiques planants comme Castaneda ou le Zohar. Sur la platine, du blues pur et dur et du R\u2019n\u2019B, Otis Redding, James Brown, Aretha Franklin, Bob Dylan, le proph\u00e8te des teen-agers et Ravi Shankar, celui des illumin\u00e9s. Marianne est bien consciente que toutes les filles du monde se damneraient pour un strapontin dans le lit g\u00e9ant de Jagger. Son <strong>quotidien de gitane jet set<\/strong>, roulant en Bentley, shoppant sur Bond Street o\u00f9 Mick se ruine en tricycle et jouets de luxe pour Nicholas, semble terriblement enviable. Un <strong>s\u00e9jour \u00e0 San Remo<\/strong>, une <strong>semaine de croisi\u00e8re<\/strong> sur la Riviera, une <strong>vir\u00e9e br\u00e9silienne<\/strong>, un <strong>plan \u00e9pique<\/strong> \u00e0 Tanger chez les Getty : voil\u00e0 la vie de r\u00eave d\u2019une Stones addicte.<\/p>\n<p>C\u2019est le c\u00f4t\u00e9 cour. C\u00f4t\u00e9 jardin, le film<em> Performance <\/em>de Donald Cammel, o\u00f9 Mick incarne une dangereuse rock star bisexuelle et junkie, signe le <strong>d\u00e9but de la descente aux enfers<\/strong>. Enceinte de Jagger, Marianne <strong>perd son b\u00e9b\u00e9<\/strong> \u00e0 six mois de grossesse. Sait-elle que sur le tournage, son amant la trompe avec Anita Pallenberg ? S\u00fbrement pas. Jamais il ne commente leurs brouilles, leurs trahisons, leur malaise. Il avance. \u00ab En 1969, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 avoir le sentiment de vivre avec un monstre, \u00e9crit Marianne dans son autobiographie*. Un vampire, une personnalit\u00e9 creuse et vorace qui avait constamment besoin de se nourrir de gens, d\u2019id\u00e9es, d\u2019\u00e2mes\u2026 \u00bb<\/p>\n<p><strong>1969 est une ann\u00e9e path\u00e9tique<\/strong>, scand\u00e9e par l\u2019album <em>Let it bleed <\/em>et son single phare : <em>You Can\u2019t Always Get What You Want<\/em>. Marianne <strong>se shoote de plus en plus<\/strong>. Elle est devenue le personnage de sa chanson <em>Sister Morphine<\/em>, anorexique, couverte d\u2019ecz\u00e9ma, perp\u00e9tuellement ivre. Un jour, dans un avion pour Sydney, la groupie en chef avale, pour en finir, quinze comprim\u00e9s de Tuinal, un somnif\u00e8re puissant. Apr\u00e8s huit jours de coma, elle s\u2019en sort. Mais cette fille est d\u00e9cid\u00e9ment <strong>incontr\u00f4lable et nuit au mythe du groupe<\/strong> en pleine expansion. Alert\u00e9 par ses managers, Mick d\u00e9cide donc de cong\u00e9dier son encombrante moiti\u00e9. Marianne, qui ne sait plus vivre sans les Stones, <strong>sombre dans une solitude<\/strong> de clocharde junkie. Elle v\u00e9g\u00e8te, survit en loques derri\u00e8re un mur en ruine, dans le quartier de Soho.<\/p>\n<p>Click Here: <a href='https:\/\/www.ifootballshop.com\/liverpool-424.html' title='liverpool mens jersey'>liverpool mens jersey<\/a><\/p>\n<p>\u00ab Miss Nobody \u00bb, cr\u00e2ne ras\u00e9, se fait casser deux incisives et arbore un sourire de sorci\u00e8re New Age. Un malheur n\u2019arrivant jamais seul, sa m\u00e8re Eva <strong>fait une tentative de suicide<\/strong> \u00e0 la morphine et elle <strong>perd la garde de son fils<\/strong>, Nicholas. Isol\u00e9e, terrifi\u00e9e, la nymphette blonde rencontre alors Oliver Musker, un ange gardien qui la dirige vers l\u2019h\u00f4pital Bexley pour <strong>une solide cure de d\u00e9sintoxication<\/strong>. A l\u2019issue de cette \u00ab rehab \u00bb, Marianne remonte la pente. En <strong>juin 1979<\/strong>, elle produit le fabuleux album <em>Broken English<\/em>, sorte d\u2019antichambre acoustique de la d\u00e9ferlante punk.<\/p>\n<p>Il lui aura donc fallu <strong>quinze ans pour se passer des Stones<\/strong>, drogue tr\u00e8s dure. \u00ab La vie sans Mick, c\u2019\u00e9tait une torture \u00bb, confesse-t-elle. On la croit. La s\u00e9duction perverse narcissique, l\u2019effet magn\u00e9tique de Jagger, comment s\u2019en sevrer ? De temps \u00e0 autre, elle le croise. Invit\u00e9e \u00e0 New York pour le prestigieux <em>Saturday Night Live<\/em> show, Marianne apprend juste avant d\u2019entrer sur le plateau que Mick est en coulisses. <strong>Cons\u00e9quence<\/strong> : aphonie brutale, l\u2019\u00e9motion lui coupe les cordes vocales. La <strong>gu\u00e9rison tarde<\/strong>.<\/p>\n<p>Quelque temps plus tard, elle tombe par hasard sur son \u00e2me damn\u00e9e dans un spot de King\u2019s Road. Il la drague, elle succombe. Ils se quittent ensuite sans un mot. Mick souffle admirablement le chaud et le froid. Gentleman, il lui <strong>fait livrer un oranger dans sa loge<\/strong> pour sa premi\u00e8re de <em>L\u2019Op\u00e9ra de Quat\u2019 Sous<\/em>. Sordide, il revend la maison qu\u2019il avait offerte \u00e0 Eva, le jour o\u00f9 celle-ci d\u00e9c\u00e8de. Ce type est un cocktail : un tiers miel, un tiers fiel, un tiers mezcal. Le temps passe, les albums \u00e0 succ\u00e8s s\u2019encha\u00eenent et la Marl\u00e8ne Dietrich punk de soixante-sept ans, est partout <strong>reconnue comme rock star \u00e0 part enti\u00e8re<\/strong>. Mais int\u00e9rieurement, elle est en miettes. <strong>Ses amours ont toujours un go\u00fbt fade<\/strong>. Lors de sa derni\u00e8re cure \u00e0 Minneapolis, des psychotiques et des cam\u00e9s assis en rond devaient r\u00e9pondre \u00e0 cette question : \u00ab Qui \u00eates-vous ? \u00bb Quand est venu son tour, Marianne a touss\u00e9 deux fois, et, de cette voix rauque, acide et blanche qui la caract\u00e9rise, elle a l\u00e2ch\u00e9 : \u00ab Eh bien, je r\u00e9alise aujourd\u2019hui que je ne sais pas du tout, du tout, qui je suis\u2026 Et si vous voulez conna\u00eetre mon histoire, il vaut mieux que vous vous procuriez la derni\u00e8re biographie des Rolling Stones. Je ne suis qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment, qu\u2019une bribe de leur \u00e9pop\u00e9e. Rien de plus. \u00bb L\u2019increvable Faithfull se trompe : elle occupe d\u00e9sormais une place de choix dans la mythologie du Rock cram\u00e9. <strong>Sa nouvelle tourn\u00e9e d\u00e9bute en novembre prochain<\/strong>. Phoenix d\u00e9plum\u00e9, elle plane en solo dans un ciel bleu dur comme ses yeux.<\/p>\n<p>* <em>Faithfull, une vie<\/em>, de David Dalton.<\/p>\n<p>Cr\u00e9dits photos : Terry O&#8217;Neill<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle fut son premier grand amour, il lui a presque tout appris, y compris la souffrance extr\u00eame. Lorsqu\u2019ils se rencontrent, en 1965 \u00e0 Chelsea dans une soir\u00e9e chic et pop, Marianne Faithfull a dix huit ans. D\u00e9j\u00e0 mari\u00e9e \u00e0 un galeriste cam\u00e9 et m\u00e8re d\u2019un petit Nicholas, elle n\u2019est pas folle de Jagger. 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